RSE PAR NATURE : L'HEURE DU CHANGEMENT D'ÉTAT D'ESPRIT

08/04/2022

L'agence de labellisation LuxFLAG a attribué en décembre 2021, pour la première fois, son label d'investissement responsable dédié exclusivement aux produits d'assurance, le label " LuxFLAG Sustainable Insurance Product " (LSIP). Ce nouveau label a été développé en étroite collaboration avec le secteur de l'assurance et l'ACA (Association des Compagnies d'Assurance au Luxembourg).

Le label est reconnu pour ses normes exigeantes et son évaluation rigoureuse des stratégies d'investissement, des critères ESG utilisés et de la transparence des fonds intégrés dans les contrats d'assurance vie. Ces fondamentaux sont déterminants pour l'obtention du LSIP que SOGELIFE Positive Investment a récemment obtenu. A cette occasion, nous avons rencontré Denise VOSS, Présidente de LuxFLAG et Jean ELIA, CEO de SOGELIFE.

Comment décrire l'ADN et les missions de LuxFLAG ?

Denise Voss : LuxFLAG est une agence de labellisation indépendante fondée en 2006, par des partenaires publics et privés, dans le but de contribuer au développement durable et de promouvoir la transparence.  Un label LuxFLAG signifie qu'un produit financier tel qu'un fonds d'investissement - et maintenant un produit d'assurance - répond aux critères de LuxFLAG et qu'il "fait ce qu'il dit".

LuxFLAG promeut également l'éducation, la sensibilisation et le partage des bonnes pratiques en matière de finance durable, à travers son programme de membres associés. Le développement durable a une longue histoire et est un sujet très vaste ; il y a beaucoup à apprendre. Mais avant tout, le plus important est de comprendre la terminologie afin que nous utilisions tous les mêmes mots pour mieux nous comprendre et progresser sur le chemin de la finance durable.

Pourquoi orienter la labellisation vers les produits d'assurance ?

Denise Voss : Les compagnies d'assurance sont en bonne voie pour mettre en œuvre le règlement européen sur la divulgation financière durable ("SFDR"), une réglementation basée sur la transparence qui exige des assureureurs la mise à disposition des informations liées à la durabilité de leur propre organisation, ainsi que sur les produits d'assurance qu'ils proposent aux assurés. 

D'autres directives et règlements de l'UE sont également en cours et bientôt mis en oeuvre, notamment la taxonomie et les modifications apportées aux régimes IDD et Solvabilité II, afin d'intégrer les considérations et facteurs de durabilité ou ESG dans les activités clés, notamment les conseils en investissement, la surveillance et la gouvernance des produits, la gestion des risques et les procédures d'évaluation de l'adéquation.

En conséquence, les assurés auront accès à une offre croissante de produits d'assurance ESG, mais il est et restera difficile pour eux et pour le secteur de l'assurance d'identifier ce qui est " vert " ou " durable ".

Jusqu'à fin 2021, LuxFLAG a accordé ses 5 labels d'impact et de transition durable uniquement aux fonds d'investissement, mais étant donné que tous les acteurs du marché financier sont dans le champ d'application de la réglementation européenne sur la finance durable, LuxFLAG a lancé un 6ème label en décembre 2021 ; le label LuxFLAG Sustainable Insurance Product ou LSIP en abrégé.  Ce nouveau label a été développé en étroite collaboration avec le secteur de l'assurance et est classé comme un label ESG ou de transition durable.  Comme le nom du label le confirme, ce label est destiné aux produits d'assurance.

La mission de LuxFLAG est d'aider les assureurs et les assurés à faire cette distinction, le label est un outil important pour répondre aux préoccupations de "greenwashing".  Comme le label ESG de LuxFLAG, le label LSIP est destiné aux produits d'assurance qui contribuent à la transition vers l'atténuation et l'adaptation à la crise climatique, ainsi qu'à d'autres questions environnementales et sociales inscrites dans les objectifs de développement durable des Nations Unies. Les assureurs vie et les gestionnaires de patrimoine ont déjà compris, ils travaillent déjà avec une approche à long terme et nous avons le même objectif.

Pourquoi SOGELIFE s'est-elle portée candidate à ce nouveau label ?

Jean Elia : La labellisation de notre produit par LSIP, valide nos convictions et notre démarche envers nos clients, notamment au travers des trois dimensions de l'Investissement Socialement Responsable (ISR) : 

- Exclure les investissements qui agissent contre " la dignité humaine et la nature " ;

- Favoriser les investissements dans des fonds ESG Best in Class ;

- S'engager sur des thèmes de conviction, tels que la transition écologique, la transition énergétique ou l'impact social.

Ce produit offre la possibilité d'allier  convictions ESG fortes et performance. Il est composé à 100% de fonds ESG en unités de compte, ce qui le rend accessible avec tous les types de gestion.

Ainsi, avec ce label, nous apportons à nos clients la certitude que leurs actifs sont gérés en accord avec des valeurs ESG fortes. Dans le même temps, nous fournissons à nos partenaires une solution cohérente et durable qui s'adapte à leurs besoins.

Quelle est la stratégie RSE de SOGELIFE ? 

Jean Elia : La stratégie RSE de SOGELIFE évolue autour de trois grands piliers qui nous amènent à être davantage :

- un assureur responsable c'est-à-dire qui intègre des critères RSE dans toutes les activités de la compagnie comme lors du lancement d'un projet ou d'un produit par exemple ;

- un employeur responsable qui promeut la qualité de vie au travail et développe une culture de  responsabilité, de diversité et d'inclusion ;

- un investisseur responsable qui promeut et influence les investissements de ses clients dans l'ISR, comme dans le cas de SOGELIFE Positive Investment.

Comment convaincre l'ensemble de la chaîne de valeur de la gestion de patrimoine que la durabilité n'est pas seulement un "nice to have" mais un indispensable pour le futur ?

Denise Voss : C'est un véritable changement de mentalité, donc cela prendra du temps. Il y a un débat qui doit encore avoir lieu, sur la performance. Pendant la pandémie par exemple, les fonds ESG ont été plus résilients. La finance durable donne plus d'outils aux professionnels de l'investissement pour prendre des décisions et pour les contrôler également. Les gens doivent réaliser que ce n'est pas un fonds ESG contre un fonds non ESG ; ce que nous visons, c'est un fonds qui utilise une approche plus holistique de l'investissement. Le futur réside dans le fait de rendre la finance durable et de l'intégrer partout. Le ton donné par la stratégie d'une compagnie d'assurance, d'un gestionnaire d'actifs, etc. est très important pour avancer sur cette voie.  Il est certain que si la rémunération était communément basée en partie sur les caractéristiques ESG, nous avancerions peut-être plus vite, mais nous faisons tous du mieux que nous pouvons et, en fin de compte, il y a définitivement un élan vers l'avant ; nous voyons clairement une évolution. 

Jean Elia : En effet, cela prendra du temps, surtout dans notre cas ; nous avons une longue chaîne de valeur composée du client, de l'intermédiaire, du dépositaire, du gestionnaire d'actifs, de l'assureur et parfois d'autres parties prenantes. Pour progresser dans la chaîne de valeur, nous devons être des promoteurs, mais aussi des "influenceurs" de la durabilité et pousser de plus en plus vers ces investissements. Pour cela, nous devons être proactifs, innovants et patients. Selon une étude que nous avons menée en 2020, 85% de nos partenaires ont identifié l'ISR comme un produit d'avenir, tandis que 37% de nos clients ont exprimé leur volonté d'y investir. Néanmoins, parmi ces clients, seuls certains sont prêts à investir 100 % de leurs actifs dans l'ISR. Ils souhaitent toujours une solution hybride, c'est-à-dire une partie en ISR et une autre en investissement plus traditionnel. Nous sommes cependant convaincus que l'avenir sera à l'image de notre produit, 100% responsable. Nous devons simplement continuer à le promouvoir et à l'influencer.

Quel sera le rôle de l'assurance vie dans l'avenir de la finance durable ?

Denise Voss : Pour faire la transition et atteindre les objectifs du Green Deal européen, de l'Accord de Paris et des ODD de l'ONU, de vastes sommes d'argent sont nécessaires.  Il est clair qu'une grande partie de cet argent devra provenir de sources privées, donc d'investisseurs institutionnels et d'individus investissant dans des fonds, des produits d'assurance, des produits de gestion de patrimoine privé, etc.

Jean Elia : La finance durable et l'assurance vie partagent le même ADN : une vision à long terme et la préservation et la transmission du patrimoine. L'assurance vie est donc un facilitateur du financement d'une économie durable. Notre rôle en tant qu'assureur vie, avec nos partenaires, est de promouvoir et d'influencer la finance durable, mais aussi de mener par l'exemple la transition vers un monde plus responsable et durable.